Sénateur de la Marne

Suppression des places d’hébergement d’urgence

Question n° 03669 adressée à M. le ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement publiée le 03/11/2022


Monsieur Yves Détraigne souhaite appeler l’attention de M. le ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement sur la politique gouvernementale en matière de logement social. Depuis plusieurs semaines, l’Unicef, la fondation Abbé-Pierre, le collectif Associations unies, des enseignants, des parents d’élèves et de nombreux citoyens appellent à maintenir les 7 000 places d’hébergement d’urgence qu’il est envisagé de supprimer dans le projet de loi de finances pour 2023 pour la deuxième année consécutive, ce qui porterait à 14 000 le nombre de places disparues. Actuellement ce sont, chaque nuit, entre 1 700 et 2 000 enfants qui dorment dehors dans notre pays, sous un porche, dans une voiture ou sur un banc dans un parc… Il n’est pas possible, dans ces conditions, d’accepter la suppression de ces places d’hébergement d’urgence alors que les autres dispositifs sont déjà saturés. C’est une décision incompréhensible pour les associations qui, depuis la crise du covid, observent une aggravation de la pauvreté et une augmentation des demandes d’hébergement d’urgence. Dans le même temps, une partie des personnes actuellement en hébergement d’urgence sont éligibles aux logements sociaux, mais ces derniers ne sont pas suffisants. Pour la seule ville de Bordeaux, 40 000 personnes sont en attente d’un logement social. Moins de 100 000 logements sociaux sont construits chaque année en France, alors que la demande n’a jamais été aussi forte, avec plus de 2 millions de personnes sur liste d’attente. Par conséquent, il lui demande de renforcer considérablement les places d’hébergement d’urgence et de bâtir en ce sens un véritable plan d’action à la hauteur des enjeux et des attentes des Français.

A lire également…