Sénateur de la Marne

Suicide des internes en médecine

Question n° 02283 adressée à M. le ministre de la santé et de la prévention publiée le 04/08/2022


Monsieur Yves Détraigne souhaite appeler l’attention de M. le ministre de la santé et de la prévention sur le suicide des internes en médecine. En mars 2021, il interrogeait déjà le Gouvernement sur le sujet sans obtenir de réponse. C’est entre dix et vingt internes en médecine qui mettent fin à leurs jours annuellement. Les jeunes médecins en cours de spécialisation ont donc trois fois plus de risques de mourir par suicide que le reste de la population du même âge. Cependant, cette question du suicide des internes et des étudiants en médecine reste largement taboue. Pourtant, dans une enquête de 2017 de l’intersyndicale nationale des internes (ISNI), ils étaient 23 % à déclarer avoir eu des idées suicidaires (dont 5 % dans le mois précédant la réponse à l’enquête) et 3,8 % des jeunes médecins interrogés (758) déclaraient une tentative de suicide. Beaucoup de professionnels dénoncent une formation médicale qui, en France, reposerait sur une violence institutionnalisée. Ils demandent désormais la mise en place de mesures fortes et rapides, notamment l’ouverture systématique d’une enquête de l’inspection générale des affaires sociales afin d’évaluer les risques psycho-sociaux préexistants sur le lieu de travail et de déterminer si des raisons professionnelles ont pu conduire à l’acte. Considérant qu’il convient de prendre la mesure des souffrances extrêmes des internes, il lui demande de prendre des mesures afin de lutter contre le mal-être des jeunes médecins en devenir.

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