Sénateur de la Marne

Réingénierie du métier d’ambulancier

Question n° 23662 adressée à M. le ministre des solidarités et de la santé publiée le 08/07/2021

Monsieur Yves Détraigne souhaite appeler l’attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur les craintes de l’association française des ambulanciers SMUR et hospitaliers (AFASH) à la suite des réunions du groupe de travail sur la « réingénierie du métier d’ambulancier ambulanciers » issu des accords du Ségur de la santé. En effet, après 8 mois de travaux, la direction générale de l’offre de soins (DGOS) aurait précisé que la durée de la formation pour l’obtention du diplôme d’État d’ambulancier (DEA) ne serait pas augmentée. Cette décision rend dès lors l’équivalence avec le niveau BAC impossible. Or, c’est une réelle déception pour les ambulanciers qui espéraient enfin voir leur profession évoluer et avoir un contenu digne d’un professionnel de santé. Dans le même temps, concernant la partie statutaire des ambulanciers de la fonction publique, la DGOS aurait indiqué qu’il n’était pas prévu une évolution automatique vers la catégorie B pour les ambulanciers hospitaliers étant donné que le DEA ne donnerait pas un niveau Bac. Seuls les aides soignants et les auxiliaires de puériculture verront donc leur formation évoluer pour une reconnaissance Bac, le passage en catégorie B étant déjà acté pour ces professionnels de santé. Or dans la fonction publique, les ambulanciers, en plus du DEA, doivent avoir un permis de conduire poids lourd ou transport en commun, ce qui représente un certain nombre d’heures de formation. Des formations complémentaires comme la formation aux soins d’urgence en situation sanitaire exceptionnelle sont enseignées. Pour ceux qui exercent leurs fonctions en structure mobile d’urgence et de réanimation, une formation d’un mois est obligatoire avec, en plus, un stage de sécurité routière et de conduite en situation d’urgence. Des formations à la prise en charge pédiatrique, aux risques nucléaires radiologiques, biologiques et chimiques sont également reçues par ces ambulanciers des structures mobiles d’urgence et de réanimation (SMUR). Ainsi, outre le DEA, l’ambulancier hospitalier est titulaire de nombreuses autres formations qui augmentent d’autant son niveau de compétence. Dans de nombreuses SMUR, les ambulanciers sont intégrés aux équipes du service des urgences et participent au quotidien à la prise en soins des patients comme le font les aides soignants. L’ambulancier est devenu un réel assistant du médecin et de l’infirmier. Aussi, et parce que l’engagement des ambulanciers n’a pas failli depuis le début de la crise sanitaire, il lui demande de reconnaître qu’ils participent pleinement à la chaine de soins et méritent d’être reconnu comme des professionnels de santé à part entière.

A lire également…