Sénateur de la Marne

Éradiquer le sida en 2030

Question n° 04157 adressée à M. le ministre de la santé et de la prévention publiée le 01/12/2022

Monsieur Yves Détraigne rappelle à M. le ministre de la santé et de la prévention les termes de sa question n°02380 posée le 11/08/2022 sous le titre : ” Éradiquer le sida en 2030 “, qui n’a pas obtenu de réponse à ce jour “, qui n’a pas obtenu de réponse à ce jour alors que le 1er décembre se tiendra la journée mondiale de lutte contre le sida.

Question n° 02380 adressée à M. le ministre de la santé et de la prévention publiée le 11/08/2022

Monsieur Yves Détraigne souhaite appeler l’attention de M. le ministre de la santé et de la prévention sur l’objectif, porté par les Nations unies, d’éradiquer le sida en 2030. Dans son rapport annuel publié fin juillet et intitulé « Danger », l’Onusida souligne à nouveau que le covid-19 a perturbé la prévention et l’accès aux traitements, tandis que la guerre en Ukraine et la crise économique a entraîné une baisse des moyens. Ces deux dernières années ont eu un impact dévastateur sur les personnes infectées par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), et ont fait reculer la réponse du monde face à la pandémie de sida : suspension de projets de recherche et d’actions de prévention, retards de dépistage ou d’entrée dans les soins, interruptions de traitement dans certains cas, ou encore plus grande fragilité psychologique et socio-économique des personnes contaminées par le VIH ou très exposées à ce risque et augmentation de certaines pratiques à risque… Les populations les plus fragiles sont évidemment les plus touchées. Environ 1,5 million de nouvelles infections au VIH ont été déplorées en 2021, soit plus de 4 000 personnes par jour. Et 650 000 personnes sont mortes du sida l’année dernière, soit un décès par minute. Le rapport pointe également que l’écart d’accès aux traitements entre les enfants et les adultes se creuse, au lieu de se résorber. En 2021, alors que 70 % des adultes vivant avec le VIH recevaient un traitement antirétroviral, ce n’était le cas que de 41 % des enfants Face à une maladie combattue depuis maintenant plus de quarante ans, la motivation faiblit, notamment lorsqu’on ajoute d’autres épidémies comme le covid-19 et maintenant la variole du singe… Aussi, considérant que les crises sanitaires actuelles ne doivent pas faire oublier les luttes menées contre les autres maladies, il lui demande d’œuvrer en faveur de l’objectif mondial de mettre fin au sida d’ici à 2030.
 

Réponse de M. le ministre de la santé et de la prévention publiée le 01/06/2023

 
La France a fait sien l’objectif énoncé par le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) d’une éradication de l’épidémie d’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) d’ici 2030 (0 nouvelle contamination au VIH, 0 nouveau cas de sida, 0 discrimination). La disponibilité des traitements antirétroviraux et des outils de prévention diversifiée rend en effet cet objectif ambitieux réalisable. C’est un objectif cardinal de la Stratégie nationale de santé sexuelle adoptée en 2017 et des feuilles de route qui la déclinent concrètement en actions. Nombreux restent cependant les défis à relever, alors que la crise sanitaire liée à la Covid-19 a eu un impact sur le recours au dépistage de l’infection par le VIH et les infections sexuellement transmissibles (IST) et sur les initiations de prophylaxie pré-exposition au VIH (PrEP). L’impact de la crise sanitaire liée à la Covid-19 a renforcé l’urgence à agir et souligné l’enjeu majeur de l’amélioration du recours au dépistage des IST et du VIH. La feuille de route santé sexuelle 2021-2024 porte à ce titre plusieurs actions très concrètes pour répondre à ces enjeux. Elles reposent sur la mise en oeuvre d’une stratégie globale de prévention combinée qui se fonde sur le préservatif, le dépistage du VIH et des autres IST et leur traitement, les traitements médicamenteux des personnes séropositives qui évitent la transmission du VIH à un partenaire séronégatif, le traitement post-exposition (TPE) et la prophylaxie pré-exposition (PrEP). Par ailleurs, il est désormais possible de faire un dépistage sérologique du VIH sans prescription et avec prise en charge à 100 % des frais dans tous les laboratoires de biologie médicale, dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2022 : le dispositif VIHTest est pleinement déployé sur l’ensemble du territoire sous l’égide des agences régionales de santé. Depuis le 1er juin 2021, la primo-prescription de la PrEP a été ouverte à tout médecin afin de favoriser un recours plus large à la PrEP avec pour objectif la réduction de l’incidence du VIH sur le plan collectif et le renforcement des capacités des personnes à se protéger sur le plan individuel. La PrEP doit désormais être appréhendée comme un outil de prévention majeur pour augmenter le niveau global de protection vis-à-vis de l’infection par le VIH. Enfin, pour favoriser l’accessibilité des outils de prévention combinée, le ministère de la santé et de la prévention a permis depuis le 1er janvier 2023 la prise en charge à 100 % sans avance de frais et sans prescription de deux marques de préservatifs internes, Eden et Sortez Couvert ! pour tous les jeunes de moins de 26 ans. Ces deux marques étaient déjà préalablement autorisées au remboursement. Pour assurer la promotion de ces dispositifs, il est prévu deux campagnes de promotion portées par Santé publique France, la première dans le cadre de la seconde édition de la semaine de la santé sexuelle en juin 2023. Elle abordera notamment mais non exclusivement la thématique de la prévention du risque infectieux dans une dimension globale de la santé sexuelle. La seconde sera une campagne de promotion de la prévention combinée en direction du grand public en décembre 2023. Elles comporteront un ensemble d’outils (affiches et affichettes en particulier) à destination des agences régionales de santé et des associations pour promouvoir ces dispositifs (préservatifs gratuits, VIH Test, etc.). Enfin, l’engagement de la France en matière de lutte contre le VIH se traduit aussi au niveau international. Notre pays est un membre fondateur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Il est fortement engagé au sein de sa gouvernance et en est le deuxième contributeur historique avec 4,61 milliards d’euros versés à ce jour depuis sa création en 2002. Lors de la 6ème conférence de reconstitution du fonds mondial qui s’est tenue à Lyon en octobre 2019, la France s’est engagée à augmenter sa contribution de 20 % pour atteindre 1,429 milliard de dollars. La France est par ailleurs premier donateur d’Unitaid, une organisation dont l’action déterminante permet de développer et rendre accessibles des approches innovantes en matière de diagnostic et de traitements contre les trois pandémies. La France apporte un soutien majeur à GAVI, l’Alliance pour le Vaccin, qui rend la prévention vaccinale opérante dans le monde entier.

 

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