Sénateur de la Marne

Écriture inclusive

Question n° 23266 adressée à M. le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports publiée le 10/06/2021

Monsieur Yves Détraigne souhaite appeler l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports à la suite de la publication, début mai 2021, de la circulaire aux recteurs d’académie, aux directeurs de l’administration centrale et aux personnels du ministère de l’éducation nationale, qui vient de proscrire le recours à l’écriture dite « inclusive ». Dès cette parution, certains syndicats ont appelé à la résistance et à la poursuite de la diffusion de l’écriture « inclusive » dans les écoles qui, d’ailleurs, se retrouvent de plus en plus dans des publications officielles, se normalisent dans certaines collectivités, voire se diffusent dans les médias… Pourtant, des experts mettent en exergue les défauts linguistiques de ce type de rédaction et, notamment, les dangers concrets engendrés pour l’apprentissage de la lecture et, plus largement, pour la francophonie. Rappelons qu’en France, plus d’un élève sur cinq n’a pas une lecture fluide et est incapable de résoudre des problèmes de mathématiques du quotidien.  Pour les enfants qui apprennent à lire et à écrire, ce sont bien des obstacles inutiles et supplémentaires qui ont pour effet d’aggraver encore les inégalités entre ceux issus d’un milieu culturel élevé et ceux issus de familles plus éloignées de l’école ne maîtrisant pas ou peu la langue française. Cette forme d’écriture s’oppose donc à la mission première de tout système éducatif : apprendre à lire ! En outre, elle ne sert en aucun cas l’égalité entre les femmes et les hommes. Comme le soulignait Simone Veil dans son discours de réception à l’Académie française le 18 mars 2010, « il ne faut pas faire semblant de croire que la féminisation des mots est un accélérateur de parité ».  Plusieurs propositions de loi ayant été déposées afin de faire barrage au déferlement de l’écriture « inclusive » dans tous les pans de la société, notamment dans l’enseignement, il lui demande s’il entend œuvrer pour que priorité soit donnée à l’éducation.

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